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Le tableau de prospection qui fait signer

Le modèle de tableau de prospection Excel et Google Sheets à copier, les 8 colonnes qui comptent, les KPI à suivre et l'erreur qui tue tous les fichiers de suivi commercial.

Fabien Luzurier
19 min de lecture
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Mis à jour le 7 août 2026

Un tableau de prospection est le fichier qui centralise vos prospects et l'état de chaque échange : contact, statut, date de relance, prochaine action. Sur Excel ou Google Sheets, il remplace le CRM tant que vous démarrez. Bien tenu, il transforme une liste de contacts en pipeline lisible. Mal tenu, il devient un cimetière de lignes que personne n'ouvre.

Chez Hacquisition, on ouvre des dizaines de rendez-vous par mois pour nos clients. Et on voit passer leurs fichiers de suivi. La plupart tiennent trois semaines, puis meurent : trop de colonnes, aucune règle de relance, plus personne ne les remplit. Le problème n'est presque jamais l'outil. C'est la façon dont le tableau est construit.

Ce guide vous donne les 8 colonnes qui comptent vraiment, le choix Excel contre Google Sheets contre CRM, la construction pas à pas, les KPI à lire chaque lundi, et l'erreur qui tue 9 tableaux sur 10. Avec notre modèle interne, pas de la théorie recopiée.

~40%

des entreprises gèrent leurs clients et prospects sur Excel plutôt qu'un CRM (crm-pour-pme.fr)

80%

des ventes se signent à partir de la 5e relance, d'où l'intérêt d'une colonne relance datée (Brevet Group)

30%

seulement du temps d'un commercial passe à vendre, le reste part en saisie et recherche (Salesforce)

Points clés

  • Un tableau de prospection suit l'état de vos échanges. Une base de données stocke les contacts. Ce sont deux choses différentes qu'on confond tout le temps.
  • Huit colonnes suffisent : entreprise, contact, canal, statut, priorité, date du dernier contact, date de relance, prochaine action. Le reste est du bruit.
  • La colonne qui change tout n'est pas le statut, c'est la date de relance. Sans elle, 44% des commerciaux lâchent après un seul contact (SMEI).
  • Excel ou Google Sheets suffisent en solo. À plusieurs commerciaux ou au-delà de 300 lignes actives, passez à un CRM.
  • Un tableau n'est que le poste de pilotage d'un plan de prospection. Sans plan en amont, vous suivez du vide.

C'est quoi un tableau de prospection ?

Un tableau de prospection est un fichier qui liste vos prospects et suit l'avancement de chaque contact dans votre cycle de vente. Une ligne par prospect, une colonne par information utile : entreprise, interlocuteur, canal, statut, prochaine relance. Il sert à savoir, en un coup d'oeil, qui relancer aujourd'hui et où en est chaque affaire.

Bon, il y a un malentendu à lever tout de suite. Un tableau de prospection n'est pas une base de données. La base stocke des coordonnées froides : noms, emails, secteurs. Le tableau, lui, vit. Il change chaque jour, au rythme de vos échanges. Si vous cherchez à constituer votre liste de départ, c'est un autre sujet, qu'on traite dans le guide base de données de prospection B2B.

Pourquoi ça compte autant ? Parce qu'un commercial passe en moyenne 30% de son temps à vendre, le reste part en saisie, en recherche d'infos et en reporting, d'après le State of Sales de Salesforce. Un bon tableau récupère une partie de ce temps perdu. Un mauvais l'aggrave.

Les 8 colonnes qui comptent vraiment

Le premier réflexe, quand on crée un tableau, c'est d'ajouter des colonnes. Chiffre d'affaires, effectif, source, secteur, code SIREN, note interne, humeur du prospect. Stop. Chaque colonne inutile est une colonne que personne ne remplira. Voici les huit seules qui pilotent réellement votre prospection.

Colonne 1

Entreprise

Le nom de la boîte ciblée. C'est votre clé de tri principale, pas le nom du contact.

Colonne 2

Contact et poste

Prénom, nom, fonction. Le poste vous dit s'il décide ou s'il faut passer au-dessus.

Colonne 3

Canal

LinkedIn, email, téléphone. Vous saurez lequel convertit le mieux à la lecture des KPI.

Colonne 4

Statut

Où en est l'affaire : à contacter, contacté, relancé, qualifié, RDV, proposition, signé, perdu.

Colonne 5

Priorité

Chaud, tiède, froid. Un code couleur simple. Vous attaquez la journée par les chauds.

Colonne 6

Dernier contact

La date du dernier échange. Elle nourrit le calcul de la relance et détecte les prospects oubliés.

Colonne 7

Date de relance

La colonne reine. Vous la triez chaque matin. Sans elle, un tableau n'est qu'un carnet d'adresses.

Colonne 8

Prochaine action

Pas "relancer", mais "envoyer étude de cas RH". Une action précise, sinon vous procrastinez.

Notre parti pris

Oubliez la colonne "chiffre d'affaires estimé" et les scores à trois décimales tant que vous n'avez pas 200 prospects actifs. À ce stade, ils vous font perdre du temps sans rien décider. La seule donnée de valeur qui vaut d'être ajoutée tôt, c'est le signal qui a déclenché le contact : un recrutement, une levée, un post LinkedIn. Ça, ça sert à personnaliser la relance.

Lire son pipeline en une colonne

Toute la puissance d'un tableau de prospection tient dans la colonne statut. Bien nommée, elle dessine votre tunnel de vente en un filtre. Vous voyez immédiatement combien de prospects stagnent à chaque étape, et où ça bloque. Voici les statuts qu'on utilise, du plus large au plus rare.

Contacté
100 prospects
Relancé
62 prospects
Qualifié
28 prospects
RDV obtenu
12 prospects
Signé
4 clients

Exemple de lecture d'un tableau à 100 contacts. Les volumes varient selon votre marché et la qualité de la liste, ce ne sont pas des taux garantis.

Ce visuel, vous l'obtenez gratuitement avec un tableau croisé dynamique ou un simple compteur par statut. Et là, le tableau arrête d'être un fichier mort : il devient un diagnostic. Vous voyez que 62 relancés donnent seulement 28 qualifiés ? Votre relance est faible. Douze RDV pour quatre signatures ? C'est votre tunnel de prospection qu'il faut regarder de plus près.

Excel, Google Sheets ou CRM ?

La bonne réponse dépend de votre taille et de votre volume, pas de la mode. Environ 40% des entreprises gèrent encore leurs prospects sur Excel, et pour un solo ou une TPE, c'est un choix parfaitement rationnel, comme le rappelle Dimo. Le tableur devient un frein plus tard, quand vous êtes plusieurs à écrire dans le même fichier.

Je vais pas vous mentir : une étude citée par les éditeurs de CRM avance que 46% des entreprises ont déjà subi une perte de données liée à Excel, et 84% pointent le manque de fonctions de suivi. C'est vrai. Mais c'est aussi le discours de gens qui vendent des CRM. La vérité de terrain, c'est qu'un tableur bien tenu bat un CRM mal rempli, tous les jours de la semaine.

Critère Excel Google Sheets CRM
Prix Licence Office Gratuit 15 à 90 EUR/user/mois
Travail à plusieurs Compliqué Natif, temps réel Natif, avec droits
Relances auto Non Via scripts Oui
Historique des échanges Manuel Manuel Automatique
Bon jusqu'à ~1 commercial 2 à 3 commerciaux Équipe et volume

Notre recommandation tient en une phrase. Démarrez sur Google Sheets, jamais Excel, parce que le partage temps réel et l'historique de versions vous sauvent dès que quelqu'un d'autre touche au fichier. Vous garderez la même logique de colonnes le jour où vous migrerez vers un CRM. Le tableau, c'est votre brouillon de pipeline avant l'outil payant.

Construire votre tableau étape par étape

Vous partez d'une feuille blanche. Comptez trente minutes, pas plus. La règle : on construit léger, on complexifie seulement quand un vrai besoin apparaît. La prospection tient en sept étapes classiques, de l'étude de marché à la relance, mais votre tableau ne pilote que la partie exécution. Voici comment le monter.

01

Créez vos huit colonnes

Reprenez les huit du chapitre précédent, dans l'ordre. Figez la première ligne, activez les filtres. Rien d'autre pour l'instant.

02

Verrouillez les statuts avec une liste déroulante

Données puis Validation. Sept valeurs, pas une de plus. Si chacun tape son statut à la main, vous aurez "RDV", "rdv" et "rendez-vous" dans la même colonne, et vos filtres seront morts.

03

Colorez la priorité en conditionnel

Mise en forme conditionnelle sur la colonne priorité : rouge pour chaud, orange pour tiède, gris pour froid. L'oeil trie avant le cerveau.

04

Faites remonter les relances du jour

Une mise en forme conditionnelle qui surligne toute date de relance inférieure ou égale à aujourd'hui. Le matin, vous triez sur cette colonne et vous attaquez le haut de la liste. C'est tout votre pilotage.

05

Branchez un compteur par statut

Un petit bloc de NB.SI sur le côté qui compte les lignes par statut. C'est votre tableau de bord instantané, sans tableau croisé compliqué.

Aveu

Chez Hacquisition, notre premier tableau de suivi comptait 23 colonnes. On voulait tout mesurer. Résultat : personne ne le remplissait au-delà de la colonne statut, et on prenait nos décisions au feeling. On a fini par tout casser pour repartir sur huit colonnes et une seule règle de relance. Le taux de relance a doublé le mois suivant. La leçon nous a coûté un trimestre.

Les KPI à lire chaque lundi

Un tableau qui ne produit aucun indicateur reste une liste. Le vôtre doit répondre à quatre questions chaque lundi matin. Ces quatre KPI se calculent sur vos colonnes, sans outil supplémentaire, et recoupent ceux que recommandent Apogea et Oliverlist.

Volume contacté par semaine

Le carburant. Sous un certain seuil, aucun KPI aval ne tient. On surveille d'abord ça.

Taux de réponse par canal

Réponses divisées par contacts, canal par canal. C'est lui qui vous dit où réinvestir votre temps.

Taux de conversion par étape

Contacté vers qualifié, qualifié vers RDV, RDV vers signé. La marche la plus basse révèle votre goulot.

RDV obtenus

Le seul chiffre que votre direction retient. Tout le tableau existe pour le faire monter.

Taux de réponse observés par canal (données internes Hacquisition)

LinkedIn ciblé ~30% Multicanal ~22% Email seul ~4%

Fourchettes observées sur nos campagnes clients, tous secteurs confondus (screenshot des exports à ajouter). L'écart LinkedIn contre email seul tourne autour de 7,5x sur nos comptes.

Un point que peu de tableaux capturent : le taux de réponse par canal. Sur nos campagnes, LinkedIn ciblé tourne autour de 30% de réponse quand l'email froid seul plafonne sous 5%. L'écart approche 7,5x. Si votre tableau ne sépare pas les canaux, vous passez à côté de l'info la plus rentable qu'il puisse vous donner.

À quoi sert vraiment une fiche de prospection ?

Une fiche de prospection est la vue détaillée d'un seul prospect, là où le tableau donne la vue d'ensemble. Elle rassemble l'historique complet des échanges, les notes de rendez-vous, les objections entendues, les documents envoyés. Le tableau dit "où on en est", la fiche dit "ce qui s'est dit".

Vous en avez besoin dès que la vente devient complexe. Un cycle B2B implique souvent 6 à 10 décideurs selon Gartner. Impossible de garder ça en tête ligne par ligne dans un tableur. La fiche devient votre mémoire externe : qui pense quoi, qui bloque, qui pousse.

Concrètement : gardez le tableau pour le pilotage quotidien, ouvrez une fiche seulement pour les affaires qualifiées. Sur Google Sheets, une fiche peut être un simple onglet par gros prospect. Dans un CRM, c'est natif. N'ouvrez pas de fiche pour un contact froid, vous alourdiriez tout pour rien.

L'erreur qui tue 9 tableaux sur 10

L'erreur fatale

Laisser la colonne "date de relance" vide. C'est la seule erreur qui tue vraiment un tableau. Sans échéance, un prospect contacté une fois disparaît de votre radar, et vous ne le relancez jamais. Or 80% des ventes se signent à partir de la cinquième relance (Brevet Group), pendant que 44% des commerciaux abandonnent après la première (SMEI).

Vous voyez le problème ? La majorité des affaires se joue exactement là où la majorité des commerciaux lâche. Votre tableau existe d'abord pour ça : forcer la relance suivante à exister sous forme de date. Pas d'intention floue "je relance la semaine prochaine", une date dans une cellule.

Et avant que vous me disiez que relancer cinq fois, c'est harceler : non. Relancer avec un nouvel angle à chaque fois, un contenu, une question, un signal, ce n'est pas du harcèlement. C'est la norme du B2B. Le harcèlement, c'est cinq fois le même "je me permets de revenir vers vous".

La règle qu'on applique : chaque fois qu'une ligne change de statut, la date de relance se remet à jour dans la foulée. Jamais une action sans la suivante déjà planifiée. Une ligne sans date de relance future, c'est un prospect que vous venez d'abandonner sans le savoir.

Relier le tableau à vos relances

Un tableau de prospection n'est pas fait pour rédiger vos messages, mais pour déclencher le bon au bon moment. Chaque statut devrait correspondre à une action de relance prévue d'avance. Contacté sans réponse depuis trois jours ? Relance 1. Toujours rien à J+7 ? Relance 2, autre canal. Vous ne réinventez pas le message à chaque fois.

C'est là que le tableau rejoint votre campagne de prospection. Vos séquences vivent à côté, le tableau dit juste qui en est à quelle touche. Cette séparation compte : le fichier reste léger, les messages restent réutilisables.

Honnêtement, dès que vous automatisez les relances multicanales, le tableur montre ses limites et un outil de séquençage ou un CRM prend le relais. Mais tant que vous démarrez, le tableau plus une bibliothèque de messages fait très bien le travail. Ne payez pas un outil pour un problème que vous n'avez pas encore.

Quand passer d'Excel à un CRM ?

Trois signaux annoncent la bascule, et un seul suffit. Le premier : vous êtes plus de deux à écrire dans le fichier et les versions se marchent dessus. Le deuxième : vous dépassez 300 lignes actives et le tri devient pénible. Le troisième : vous perdez du temps à recopier à la main ce qu'un CRM historiserait tout seul.

Les chiffres plaident pour l'outil au bon moment. Les entreprises qui adoptent un CRM voient en moyenne 29% de revenus en plus et 23% de coûts commerciaux en moins, d'après le State of Sales de Salesforce. Sauf que ce gain suppose un CRM rempli. Un CRM que personne n'alimente est plus inutile qu'un bon tableur.

Mon conseil : ne migrez pas tant que votre tableau tourne. La discipline se construit sur le tableur, pas sur l'outil. Une équipe qui tient rigoureusement un Google Sheets adoptera un CRM sans douleur. Une équipe qui laisse mourir son tableau tuera son CRM de la même façon, en plus cher.

Ce qu'on ferait à votre place

Si vous démarrez de zéro : ouvrez un Google Sheets aujourd'hui, montez les huit colonnes, la liste déroulante de statuts et le surlignage des relances du jour. Trente minutes. Ne cherchez pas le modèle parfait à télécharger, celui que vous tenez vaut mieux que celui que vous admirez.

Si vous avez déjà un fichier qui traîne : ouvrez-le et comptez les lignes sans date de relance future. C'est votre pipeline abandonné. Reprenez-les une par une cette semaine, vous y trouverez presque toujours deux ou trois affaires que vous pensiez mortes.

Et si le vrai problème, c'est que le tableau reste vide faute de prospects à y mettre, alors ce n'est pas un souci d'outil. C'est votre haut de tunnel qu'il faut alimenter. Un tableau ne crée pas de rendez-vous, il pilote ceux que votre prospection génère.

C'est précisément ce qu'on fait chez Hacquisition : on remplit le haut du tunnel avec des rendez-vous qualifiés, vous n'avez plus qu'à piloter. Et si vous voulez qu'on regarde votre cas, écrivez-nous. On répond.

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Questions fréquentes

Votre tableau reste vide faute de prospects à y mettre ?

Chez Hacquisition, on remplit le haut de votre tunnel avec des rendez-vous qualifiés. Vous n'avez plus qu'à piloter votre tableau. Premiers rendez-vous en 2 à 3 semaines, suivis chaque semaine.

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